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PrivéBlogUffe, 48 ans, était un enfant né grâce à un donneur : « J’ai toujours eu un père, même si nous ne partageons pas les mêmes gènes »
Enfants nés grâce à des donneurs

Uffe, 48 ans, était un enfant né grâce à un donneur : « J’ai toujours eu un père, même si nous ne partageons pas les mêmes gènes »

Uffe a appris à l’âge de 10 ans qu’il a été conçu avec l’aide d’un donneur. Uffe est avec son propre fils

Uffe avait 10 ans lorsqu’on lui a annoncé que son père n’était pas son père biologique et qu’il est né grâce à un donneur de sperme anonyme.

Aujourd’hui, Uffe a 48 ans. Il a deux enfants et dirige une agence de communication. Dans cet article, il parle de son enfance et de sa réflexion sur le fait d’être né grâce à un donneur.

« Je suis né dans une famille très proche, avec un père, une mère et un petit frère. Mes parents sont mariés depuis 56 ans et mon frère a fondé sa propre famille. Il a trois enfants. Mon père (« social »), qui a maintenant 76 ans, travaille à temps partiel dans ma société pour agrémenter sa vie de retraité. »

Quand vous a-t-on dit que vous êtes né grâce à un donneur ?

« Je crois que je devais avoir 9 ou 10 ans lorsque mes parents ont annoncé à mon frère et moi-même que notre « père » n’était pas notre père biologique. Ils nous ont dit que lorsqu’il était adolescent, mon père a eu les oreillons, ce qui l’a rendu stérile. C’est pourquoi mon frère et moi-même sommes venus au monde grâce à un donneur anonyme. Je me souviens que la première fois qu’on me l’a dit, j’étais un peu fâché et troublé. Mais cette phase est rapidement passée. »

 Comment était-ce de grandir en tant qu’enfant né grâce à un donneur ?

« Je n’ai jamais essayé autre chose. Mais j’ai toujours eu une bonne enfance en sécurité avec deux parents qui se sont occupés de mon frère et de moi-même. J’ai une théorie selon laquelle, lorsque j’étais enfant, j’ai peut-être reçu un peu trop d’attention, peut-être parce que mes parents avaient dû surmonter des obstacles supplémentaires pour m’avoir. Je n’ai pas toujours été le meilleur à mettre de côté mes propres intérêts pour laisser de la place aux autres. Mais je ne sais pas si cette théorie est vraie. »

Uffe a 48 ans. Lorsqu’il était enfant, il a appris qu’il était né grâce à un donneur. Uffe assiste à un match avec sa famille

Uffe assiste à un match avec sa famille.

Comment en avez-vous parlé avec vos parents ?

« En fait, nous n’en avons jamais vraiment parlé, à part lorsque mes parents nous l’ont appris. Cela devait être en 1980. Je pense d’ailleurs que c’est un sujet assez sensible pour mon père. C’est pourquoi je n’ai pas vraiment pris l’initiative d’en parler. »

Comment avez-vous parlé du donneur dans votre famille ?

« Nous n’avons pas vraiment pris le temps de parler du donneur. Pour être honnête, je ne crois pas en avoir parlé avec mes parents depuis l’âge de 10 ans. »

Auriez-vous aimé que vos parents traitent le sujet différemment ?

« Non, pas vraiment. Ce qui est fait est fait. Je ne ressens pas vraiment le besoin d’en parler tant que ça. J’ai toujours eu un père, même si nous ne partageons pas les mêmes gènes. »

Faits : Donneur à identité révélée (non-anonyme) et donneur à identité non révélée (anonyme)

  • Identité révélée signifie que lorsque l’enfant né grâce au donneur a atteint l’âge de 18 ans, il peut obtenir les coordonnées du donneur.
  • Identité non révélée signifie que ni l’enfant, ni les parents ne peuvent obtenir davantage d’informations sur le donneur que ce qui est renseigné dans le profil du donneur.
  • Jusqu’à 2006, au Danemark, il était uniquement légal d’utiliser du sperme de donneurs à identité non révélée. Par conséquent, les enfants nés grâce à des donneurs n’avaient pas la possibilité de contacter leur donneur.
  • Diverses réglementations s’appliquent d’un pays à l’autre sur l’utilisation de donneurs à identité révélée ou non révélée. Dans certains pays, seul l’un ou l’autre est autorisé.
  • Aujourd’hui, au Danemark, il est possible de choisir au cas par cas si vous souhaitez utiliser un donneur à identité révélée ou un donneur à identité non révélée.

Le fait qu’il s’agisse d’un donneur a-t-il eu un effet important sur votre vie ? 

« Non, je ne pense pas. Le sujet n’a jamais été très important pour moi. Mon père biologique ne m’a jamais manqué parce que j’ai toujours eu un père.

Bien sûr, l’idée m’a traversé l’esprit quelques fois. Par exemple, ma personnalité n’est pas particulièrement similaire à celle de ma mère ou de mon père. Mais à part de l’impact de l’entourage, je ne pense pas avoir hérité de quoi que ce soit de mon père biologique. Je n’ai d’ailleurs aucune information sur lui, ce qui a un côté positif.

Parfois, il a pu m’arriver de combler les manques de connaissance de mon père biologique en rêvant. J’ai imaginé que mon père biologique était un chirurgien cardiaque talentueux ou un professeur réputé à l’hôpital.Je suppose que la plupart des donneurs à l’époque ayant donné à la clinique de fertilité de Rigshospitalet étaient des étudiants en médecine. C’est ce que ma mère m’a dit. Mais je ne sais pas si c’est vrai. »

Votre relation avec vos parents a-t-elle été influencée par le fait que vous êtes né grâce à un donneur ?

« Non, je ne pense pas. Mais il est évident que je n’ai jamais connu autre chose. Je ne sais pas ce que c’est que de pouvoir comparer sa personnalité avec celle de son père. Mon père et moi sommes très différents, même si nous avons toujours eu une bonne relation. » 

Avez-vous rencontré d’autres enfants nés grâce à des donneurs dans votre enfance ?

« Juste mon petit frère. En fait, je crois que nous n’avons jamais eu de conversation sur le fait que nous sommes tous les deux nés grâce à des donneurs. Il est d’ailleurs très probable que nous soyons de deux donneurs anonymes différents, parce que nous ne nous ressemblons pas du tout. »

Avez-vous déjà souhaité prendre contact avec votre donneur ?

« Si cela était possible, je pense que j’aurais bien aimé le rencontrer. Mais comme il n’y avait que des donneurs anonymes à l’époque et qu’il est donc impossible de le rencontrer, je n’ai jamais perdu trop de temps à y réfléchir. »

Avez-vous déjà souhaité prendre contact avec d’autres enfants du même donneur ?

« Non, pas vraiment. Je n’y jamais vraiment réfléchi en fait. »

Feriez-vous appel à un donneur si vous en aviez besoin ?

« Oui, je le ferais, même si cela n’a heureusement pas été nécessaire pour ma femme et moi. »